L’OCC lutte contre la mafia dans les postes frontaliers (Contrôle de Qualité des Produits Alimentaires)

Selon le Chef d’Agence, Théophile Selubanzi Tekadiomona, ledit lot a été consigné et déclaré impropre à la consommation 32 jours auparavant. Introduites en RDC par le poste frontalier de Lufu dans le territoire de Songololo, ces marchandises en provenance de l’Angola ont été produites en Argentine, Russie, Turquie pour le farine et, aux Etats-Unis pour les haricots.

Cette importante opération de destruction des marchandises placée sous les auspices du Procureur Général Près le Tribunal de Grande Instance de Mbanza – Ngungu était une suite d’activités qui ont durée une journée entière.

D’abord, les marchandises suspectées ont été transportées de Lufu à Lukala où elles devraient être entreposés jusqu’à la fin de la procédure. Est-ce à cause d’éventuelles pressions qui pourraient être exercées sur les agents frontaliers ?

C’est ainsi que ce jour – là, l’implication du Chef d’Agence et de tous ses collaborateurs était pour beaucoup dans la réussite de cette opération dont la première phrase consistait à déplacer les 4 805 sacs de 50 kgs de farine et les 97 sacs d’haricots de Lukala jusqu’à la rivière Kwilu (à près de 50 kilomètres) – il fallait 6 camions remorque pour ce transport – et la seconde à déchirer les sacs, submerger le produit dans l’eau et incinérer les emballages. Les haricots ont été simplement incinérés dans une fosse creusée à cet effet.

La reconnaissance des aliments impropres à la consommation

Le contrôle qualité au niveau de l’OCC se fait de prime à bord par des examens physico-chimique et organoleptique (par les sens : vue, toucher, goût…). Pour les céréales, par exemple, la présence des charançons (insectes) est un indice non négligeable. Entrent également en ligne compte, d’autres indices notamment la date d’expiration.

En cas de suspicion, le produit est consigné, les échantillons acheminés au laboratoire d’analyses à l’OCC/Matadi. Ce n’est que lorsque les analyses confirme la mauvaise qualité que l’OCC peut saisir les instances judiciaires qui, seules, ont la compétence d’ordonner la saisie et enfin la destruction.

Au sujet du lot dont question ci-haut, la longue durée entre la saisie et la destruction s’explique par le fait qu’il fallait donner du temps aux importateurs qui avaient résolu d’aller en appel à Matadi d’arriver au bout de leurs démarches.

Se confiant à la presse au terme des opérations de destruction, le Chef d’Agence a fustigé le comportement des importateurs qui ne se donnent pas la moindre peine de consulter les services de l’OCC avant les opérations d’importation mais qui implorent une quelconque grâce après. Pourtant il y a lieu d’éviter les situations que nous déplorons aujourd’hui.

Face aux rumeurs faisant état des menaces ou des pressions diverses qui seraient exercées sur les agents frontaliers à Lufu et même sur les responsables de l’OCC, Théophile Tekadiomona a une réaction plus que sereine : « Bon nombre d’entre ceux qui sont venus nous voir, ont reçu les explications nécessaires et nous croyons les avoir convaincus. Au reste, que vaut une pression par rapport à la santé de la population congolaise ? »

Dans la suite, appelé à se prononcer au sujet d’une probable contradiction qui s’établirait entre les résultats des analyses de l’OCC et ceux d’une contre expertise indépendante, Monsieur le Procureur n’y est pas allé par quatre chemins : « En cas d’une pareille contradiction, on s’en tiendra aux seuls résultats livrés par l’OCC. Ce dernier possède un laboratoire reconnu par la loi. »

Par ailleurs, ainsi que nous l’avons révélé dans nos précédentes éditions, en matière de contrôle et de saisies d’aliments, le poste de Lufu semble toujours mener la barque. C’est autant dire que le travail se fait de manière plus rigoureuse et que les agents maîtrisent de mieux en mieux le circuit de la « mafia frontalière ».

Au reste, nous louons, comme autrefois, la collaboration et la complémentarité qui existent entre l’OCC et les autres services opérant à la frontière. Est-ce l’élément qui aide Lufu à se démarquer des autres ?

Aussi dimanche dernier, l’opération de destruction s’est-elle déroulée en présence des responsables de l’OCC, de la Quarantaine, la DGDA et de tous les services de sécurité (Police, ANR, DGM… ) et évidemment sous les auspices du PGR, Robert Matuzola Ngoma.

Espérons que cet exemple de collaboration sera suivi par d’autres milieux pour plus d’efficacité et de performance.